Genève: patients psychiatriques fumeurs " entrepris" par des psys

Grâce à une video de Pulsations, organe d'information des Hôpitaux universitaires de Genève (HUG), on en sait désormais un peu plus sur la manière dont les patients psychiatriques fumeurs sont accueillis et "entrepris" par les blouses blanches dans cet établissement. Le reportage ne mentionne pas si l'Hôpital psychiatrique de Belle Idée (Genève) comprend un lieu protégé des intempéries, ventilé, où les patients fumeurs puissent s'en griller une( ou plusieurs) .
Le droit suisse et international exige que des lieux fumeurs protégés soient aménagés dans tout ce qui tient lieu de "substitut de domicile" (prisonniers, clients d'hôtel de longue durée, EMS, etc). Surtout dans ceux des lieux où les résidents ne sont pas volontaires ! C'est le cas des cliniques psychiatriques ou les admissions "non volontaires", c'est à dire sous contrainte, sont courantes. Ce qui apparaît dans ce reportage de Pulsations,c'est un lieu ouvert aux quatre vents, en plein air, pompeusement baptisé "abri fumeurs". C'est tout ! Le honteux parallélépipède bleu semble même dépourvu de banc ! Probablement pour écourter le séjour des fumeurs "pas encore rééduqués" (lol). Et pourquoi pas des camisoles de force et des lobotomiseurs à proximité pour faire entendre raison aux "fumeurs récalcitrants:-) ?

(Capture d'écran video Pulsations/HUG sur Daily Motion: petit lazaret pour fumeurs de la Clinique psychiatrique de Belle Idée - Genève).
Comme la Direction médicale de cet Hôpital psychiatrique de Belle Idée n'a pas répondu au courrier des Dissident(e)s de Genève (DDG) qui souhaitaient s'assurer que les patients psychiatriques disposent d'un lieu fumeur abrité, nous sommes en droit d'en inférer du reportage diffusé sur Daily Moltion qu'un tel espace fumeur abrité n'existe pas à Belle Idée. Seul Bernard Gruson (directeur administratif - et non directeur médical des HUG) nous avait répondu que "la législation et respectée" aux HUG, donc à Belle Idée. Suffisait-il de le croire sur parole ?
Enfin, on constate sur la foi des déclarations des blouses blanches de Belle Idée dans la video, que le catéchisme de Rielle & Consorts imprègne ces lieux de soins et même les esprits soigneurs: au prétexe d'établir une meilleure relation avec les patients psychiatriques, on leur offre des ..."Journées Parenthèses", à savoir des journées de 24 heures sans tabac, sur une base purement volontaire...disent-ils. Volontaire certes mais une volonté clairement sollicitée par des soignants tabacophobes qui eux-mêmes considèrent le fait de fumer comme pathologique et nuisible aux patients...et à la société.
De grâce foutez la paix aux malades psychiatriques qui vous sont confiés et vous, préventologues frappés de tabacophobie chronique et pathologique caractérisée, allez vous-mêmes vous faire soigner en urgence ! L'homme fume depuis quatre siècles. Et il en sera encore longtemps ainsi malgré vos folles objurgations issues d'une obéissance mimétique digne de l'expérience de Milgram.
Tout cela prêterait à sourire si les thérapeutes-purificateurs en blouse blanche des HUG ne propageaient le catéchisme de Rielle & Consorts jusque dans les chambres de soins continus au Département de neurologie des HUG. Là, les patients ne sont pas fous. Ils ne sont frappés que d'attaques cérébrales. Donc diminués, affaiblis, perturbés. Des rééducateurs vont néanmoins réveiller de tels patients frappés d'AVC dans ce service en leur offrant de "profiter de leur séjour aux HUG pour se deshabituer du tabac. " Ces sinistres éclaireurs réveillent les patients et procèdent même à des interrogatoires à haute voix auprès de chacun, systématiquement, pour savoir s'ils sont fumeurs et combien de cigarettes ils fument par jour ! Ces interrogatoires audibles de tous, sont pratiqués dans les chambres de soins continus des HUG. C'est inadmissible. Nous avons dénoncé cet abus de faiblesse caractérisé auprès de la Commission des pétitions du Grand Conseil. En vain. Ce fait n'est pas mentionné dans les rapports sur la pétition des DDG. Etait-il trop gênant ? Fallait-il soustraire ce détail thérapeutique du catéchisme à Rielle à la connaissance du public ?
On le voit, la philosophie autoritaire et liberticide des HUG en matière de fumée active et "passive" (Hi ! Hi !) ressemble fort à de la graine de maltraitance.
Si la Direction médicale des HUG ou de Belle Idée avait l'obligeance d'informer les Dissident(e)s de Genève (DDG) de l'existence ou de l'absence de zone fumeurs dans ce dernier établissement, cela nous épargnerait d'en être réduits à suggérer à un/e député/e humain et de bonne volonté d'intervenir, cas échéant, au Grand Conseil ou devant d'autres autorités pour que ce secret d'Etat soit enfin publié. (jaw)
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Présidente des DDG: Karin von Siebenthal/Genève

› Pulsations TV Juin 2012 : " Soigner sans blouse blanche : La psychiatrie autrement "
(Pousser le curseur à 7'03 ")



TSR - 1971 -Contenu de l'émission En direct avec...
"En octobre 1971, le psychiatre et directeur de la clinique Bel Air, à Genève, Julian de Ajuriaguerra, est l'invité de l'émission En direct avec…. Face à Jean Dumur et à Claude Torracinta, il revient sur son enfance au pays Basque et sur son engagement durant la guerre civile espagnole puis sous l'Occupation en France.
"Homme profondément attaché à la liberté, Julian de Ajuriaguerra ne peut concevoir la psychiatrie moderne que comme une écoute de la souffrance de l'homme et un moyen de lui redonner la possibilité de faire des choix librement.
"Qu'est-ce que la folie, quelle est la norme, quel rôle joue la relation entre les individus, quelle importance donner à la neuro-psychologie? Autant de questions que le psychiatre aborde avec lacuité et la pertinence d'un intellectuel qui sait «l'art du bonheur difficile à atteindre». Un entretien qui évoque également le débat de l'antipsychiatrie, position en vogue au début des années 70, le rôle de l'institution psychiatrique et la place des malades psychiques dans la société."

En 1976, le psychiatre genevois Barthold Bierens de Haan avait publié un ouvrage fort critique, voire "dissident" des moeurs psychiatriques alors en vigueur à la Clinique psychiatrique de Genève (aujourd'hui "Belle Idée"). Dans son ouvrage qui avait créé un scandale car il y dénonçait des pratiques psychiatriques ignobles, il avait consacré quelques lignes aux droits des patients psychiatriques à fumer sur les lieux de leur détention:
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II est possible de fumer à l'hôpital psychiatrique dans les
pavillons ouverts et dans les pavillons fermés. Dans les cellules
d'isolement aussi, mais il faut, pour cela, que les soignants,
qui vous ont enlevé vos objets personnels, veuillent
bien ouvrir la porte et surveiller l'opération ! Si vous
fumez à l'intérieur de la cellule, assez près du détecteur
d'incendie, l'alarme-feu se déclenchera, la sonnette retentira
et les pompiers arriveront bientôt, dans leur grand camion
ou dans leur petite voiture rouge, selon qu'ils flairent
un « vrai » ou un « faux » feu...
Les pompiers, ça distrait, mais gare à la punition (suppression
définitive des cigarettes, augmentation des médicaments,
prolongation de la durée de séjour en cellule) !
A l'asile psychiatrique on trouve de grands fumeurs.
Certains « grillent » jusqu'à 80-100 cigarettes par jour. Que
voulez-vous qu'ils fassent d'autre ? Leurs doigts sont brunis
par la nicotine, leurs lèvres desséchées, mais apparemment
leurs poumons résistent (aucune étude sérieuse ne semble
avoir démontré la plus forte fréquence du cancer bronchique
chez les malades mentaux hospitalisés que dans la
population en générale...).
Les psychiatres fument aussi beaucoup. Pas pour les
mêmes raisons que leurs malades. « Eux, c'est pour jouer
avec le feu de façon apparemment inoffensive, se donner un
sentiment d'importance personnelle et satisfaire un profond
besoin de valorisation... ! »34
Le problème, si on fume beaucoup, c'est qu'il faut de
l'argent pour acheter des cigarettes au kiosque : Rappe-
Ions, que l'assistant social peut remettre de temps à autre
un peu d'argent de poche.
Mis à jour (Jeudi, 21 Juin 2012 00:00)
La Tribune de Genève:




